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Le 22 Septembre 2014

Inondations en lit majeur dans la vallée du Sausseron (affluent de l'Oise, Val d'Oise - 95)

Cet aménagement consiste en un chemin en remblai, de dimensions modestes, en travers du lit majeur d’un cours d’eau. Le rôle de ce remblai, qui fait office de digue, est étudié dans le cadre de son effet sur les inondations.

Cliquer sur les illustrations ou les équations pour les agrandir dans une nouvelle fenêtre ou un nouvel onglet.

Elements de contexte

Les questions et éléments préalables constituent la première étape de réflexion visant à regrouper les informations nécessaires avant de se lancer dans un projet d'aménagement ou dans l’étude d’une situation existante (les problèmes à résoudre et les problèmes à prévoir, les contextes physique et socio-économique, les solutions envisageables, etc.).

Identification

Localisation

Département : Val d'Oise

Maître d'ouvrage

Commune de Labbeville

Origine de l'aménagement

Cet aménagement concerne un remblai de dimensions modestes, en travers du lit majeur d’un cours d’eau. Le rôle de ce remblai, qui fait office de  "digue", et les autres sites potentiels d’aménagement, sont étudiés dans le cadre de la gestion des inondations. Ici, le besoin à l’origine de l’aménagement est à classer dans la catégorie "modification du bassin versant" pour répondre à une importante modification des écoulements liée à la présence d’une infrastructure, en l’occurrence un remblai supportant un chemin (voir la page Méthodologie). Néanmoins, la recherche d'autres sites pour implanter des ouvrages similaires répond à un besoin d'"action curative".

Bassin versant du Sausseron

Le "Sausseron", affluent de l’Oise (Val d’Oise - 95), a connu de fortes crues après d’importantes précipitations les 3 décembre 2000 et 6 janvier 2001. Ces crues ont occasionné des dommages sur la commune de Labbeville en inondant des habitations riveraines ou proches du cours d'eau. Devant les tensions résultant de ces inondations (caves inondées, bordures de voiries détériorées, forte mise en charge de passages busés) et le questionnement sur l’effet du chemin en remblai. La DDAF du Val d’Oise (dans le cadre de la Mission Inter-Service de l’Eau : MISE) a examiné avec l’appui technique du Cemagref les possibilités de limiter les inondations avec des ouvrages légers (sans fondation). Nous sommes donc dans le cas de figure d'un aménagement décidé pour remédier à un problème déterminé.

Exemple de dégât (crue du 3 décembre 2000)

Par ailleurs, le bassin versant du Sausseron connaît des problèmes en termes de qualité et d’érosion. Un réel besoin sur l’ensemble du bassin versant en terme hydraulique se fait sentir : diversité des communes touchées par les risques naturels, qualité du cours d’eau non satisfaisante en aval de Vallangoujard. Une approche globale des problèmes du bassin est donc nécessaire. Nous nous limiterons toutefois ici au problème des inondations de la vallée en recherchant des solutions réparties sur le cours de la rivière.

Objectifs

Compte tenu des problèmes constatés, il en résulte – à court terme – un seul but : limiter les effets des inondations dans la commune de Labbeville. Deux objectifs ont ainsi été retenus pour cet exemple : la protection contre les inondations et le laminage de crues.

Par conséquent, les indicateurs de niveau des objectifs sont respectivement le débit maximal admissible aux points aval que l’on souhaite protéger (propriétés riveraines des bras du Sausseron sur la commune de Labbeville et alentours : zones habitées, voiries, parcelles agricoles situées juste en amont) et le taux de laminage des crues selon leur période de retour.

Solutions possibles

Parmi les solutions envisageables, il s’en dégage une plus facile à réaliser (moindres coûts d’argent et de travaux) : aménager un ouvrage de stockage ponctuel existant. En effet, le long du cours du Sausseron existe déjà un remblai – plus communément appelé "chemin de 30 ans" – situé entre Vallangoujard (à l’amont) et Labbeville (à l’aval) qui fait office de digue et lamine certaines crues.

Schéma du fonctionnement hydraulique du chemin de 30 ans

La dite construction traverse perpendiculairement le fond de la vallée du Sausseron (longueur : 120 m ; largeur : 10 m ; hauteur : 0,9 m). Elle est bordée de chaque côté par une zone marécageuse (marais), et elle est traversée par le lit originel du Sausseron (à l'aide de deux buses) et par un bief d’alimentation d’usine. A ce niveau, le lit principal n'est pas le Sausseron lui-même mais son bief.

L’eau apportée en excès lors de crues déborde du bief, par dessus des bourrelets de curage situés sur son long, pour être stockée dans le marais avant d’être évacuée progressivement à l’aide des buses (situées au niveau du lit originel) : il s’agit donc d’une retenue en parallèle du cours d’eau.

L’aménagement de cette digue permettrait non seulement la réduction des débits de pointe mais également l’abattement de la teneur en matières en suspension (par décantation et dépôt de celles-ci au fond du marais) et en certains polluants (une zone de marais est un milieu anaérobique qui est susceptible dans de bonnes conditions, de faire diminuer la teneur en nitrates issus de l’agriculture). Le réaménagement consisterait alors à remonter le niveau de la digue ou à la munir de buse(s) supplémentaire(s).

Néanmoins, d’autres ouvrages pourraient être envisagés pour les objectifs visés :

- plusieurs bassins de stockage et d'infiltration situés plus en amont ;

- des zones humides aux côtés de ces bassins ;

- augmenter la taille des sections en travers au niveau de la commune à protéger ;

- dériver un ou deux bras du cours d’eau pour éviter les zones résidentielles et les éventuels obstacles hydrauliques.

Pour une efficacité à court et moyen terme, le réaménagement du chemin de 30 ans nous apparaît comme prioritaire.

Informations disponibles

Afin de bien connaître la zone concernée par l’impact du réaménagement de la digue, il est nécessaire de se munir des grandeurs caractéristiques du milieu : pluviométrie, comportement hydro(géo)logique du bassin versant (mesures de débits et de hauteurs d’eau). Ces données on été reconstituées à partir des bases de données de la DIREN Île-de-France, du Cemagref, du site Internet Météo France et de la banque nationale de données pour l’hydrométrie et l’hydrologie du Ministère de l’Écologie et du Développement Durable. Hormis des données acquises par le Cemagref, ces informations concernent d'autres points du bassin versant.

- Pluviométrie : Le climat océanique confère aux pluies une répartition relativement régulière au cours de l'année, mais depuis quelques années on assiste à des pluies continuelles en hiver et début de printemps, les premières sont responsables des dégâts observés jusqu’à ce jour.

Contexte physique

Les grandeurs caractéristiques du milieu ne nous donnent aucune information sur sa constitution : l'occupation des sols, les limites des bassins versants, leur morphologie, leurs exutoires, les chemins d'écoulement naturels et les secteurs d'infiltration, les aménagements hydro-agricoles existants (réseaux de fossés, drainage, ouvrages hydrauliques...), les secteurs touchés par les inondations et l'érosion, la nature pédologique des terrains rencontrés, les points de captage, etc.

Ces informations ont pu être réunies grâce aux cartes IGN, aux données S.I.G. (établies à la demande de la DDAF grâce aux données qu’elle a fournies) et aux visites de terrain guidées par le Conseil Supérieur de la Pêche.

- Géographie : le bassin versant du Sausseron, affluent de l’Oise, est situé en bordure est du Vexin français, au nord de Cergy-Pontoise. Il est en majorité rural à l’amont (depuis la source jusqu’à l’amont de Nesles-la-Vallée) et urbanisé (habitat pavillonnaire) en fond de vallée (de l’aval de Nesles-la-Vallée à Valmondois). La vallée du Sausseron est répartie sur 16 communes : Arronville, Bréançon, Berville, Epiais Rhus, Frouville, Grisy les Plâtres, Haravilliers, Hédouville, Labbeville, Le Heaulme, Menouville, Nesles-la-Vallée, Parmain, Theuville, Vallangoujard et Valmondois.

- Morphologie : le bassin versant du Sausseron se distingue des bassins voisins par un plateau constituant la partie amont du bassin versant où dominent quelques buttes boisées (le bois de la tour de Lay, à l’est d’Hédouville : altitude de 176 m, les buttes de Rône à l’ouest du bassin : point le plus haut de l’Île-de-France à 217 m et la butte de Marines également à l’ouest du bassin : altitude de 200 m) et par la vallée du Sausseron et ses vallées affluentes encaissées et bordées de versants boisés.

- Sols : voir les types de sols dans le bassin versant du Sausseron.

Carte des sols

- Occupation des sols : il existe 83 catégories différentes de Mode d’Occupation des Sols (MOS, établies en 1999) qui peuvent être regroupées en 8 groupes suivant leurs affinités ; la forêt (bois et forêts, peupleraies et coupes ou clairières en forêts), le parc-jardin, le rural (surfaces en herbe non agricoles : abords de pistes d’aérodromes, couloirs de ligne à haute tension, espaces ruraux vacants : marais, friches…), le verger (parcs liés aux activités de loisirs : zoo, parc d’attraction, etc ; jardins familiaux indépendants de l’habitat et jardins de l’habitat individuel), l’agricole (terres labourées, surfaces en herbe à caractère agricole, vergers et pépinières, maraîchage, horticulture et cultures intensives sous serres), la surface en eau d’au moins 500 m² (eaux fermées : étangs et lacs), la décharge (carrières et sablières, décharges autorisées ou non et terrains vacants en milieu urbain) et l’urbain (tout le reste). Ce regroupement est appelé "MOS simplifié".

Contexte juridique et socio-économique

La définition du contexte socio-économique répond aux besoins directs des hommes concernés par le changement de leur milieu. Dans la vallée du Sausseron, les communes sont au nombre de 16 mais seule Labbeville bénéficiera directement du réaménagement de l’ouvrage.

Les acteurs concernés : le maître d’ouvrage potentiel est le Syndicat du Sausseron avec le Conseil régional et des communes. Le suivi du milieu est assuré par le Cemagref, la DIREN, le Conseil Supérieur de la Pêche, les communes et les riverains. Les propositions d’actions émanent de plusieurs initiatives, dont celle de l’ancien maire de Labbeville ayant mis en place le chemin de 30 ans.

Le bénéfice socio-économique attendu : atténuation des préjudices des riverains et économies pour la commune de Labbeville en termes de réparations dues aux dégâts causés par les inondations.

Les coût et répartition de la charge : ils ne sont pas définis car jusqu'à présent il a été question d'effectuer une étude de l'existant et de faire des démarches prospectives dans l'éventualité d'une rédaction de document de projet.

Evolutions possibles

Tout ce qui est susceptible de modifier le contexte de l'aménagement doit être pris en compte dès l'étude. Ainsi, les 7300 personnes vivant dans la vallée du Sausseron (réparties sur les 16 communes) ne cherchent qu’à y résider : choix de conservation d’une connotation rurale. Les principales activités productrices de richesses sont l’agriculture, l’élevage, une activité industrielle agroalimentaire et la pisciculture. Quelques activités tertiaires (petits commerces, cafés, restaurants…) et artisanales fournissent dans les bourgs les plus importants d’indispensables services de proximité. Et même si des activités de loisirs comme le camping, les centres aérés (Poney club…), les colonies, les haras et les gîtes de France se sont développées, le réaménagement de la digue restera un ouvrage localisé n’ayant aucune interaction à moyen terme avec le faible développement des communes voisines les plus proches (Labbeville en aval et Vallangoujard en amont).

Lignes directrices

Cette deuxième étape est la moins évidente et elle est le plus souvent occultée ou franchie implicitement, or elle permet la transition de l'aménagement à l'ouvrage. en fait, il s'agit de justifier la stratégie d'aménagement : établir les priorités, et la façon de les atteindre afin de répondre au mieux aux objectifs. C'est l'organisation spatiale de l'aménagement qui est édifiée ici et les choix pris visent à limiter au maximum les dégâts pouvant être subis. 

Echelle de l'intervention

Etendue

Les dégâts causés principalement par les inondations concernent davantage l’aval (voiries, habitations...) que l’amont (parcelles agricoles). Il faut donc appréhender la question de manière ponctuelle, ce qui pousse à maîtriser les crues sur une portion stratégique du parcours du fleuve où l’écoulement est ralenti naturellement par les faibles pentes : la partie concernée par le chemin de 30 ans (entre Vallangoujard et Labbeville).

Densité

C'est un maire de Labbeville en fonction il y a plusieurs années, a mis en avant l’idée d’intervention répartie. Le but est de faire une répartition diffuse des crues en multipliant le nombre d’ouvrages de retenue d’eau (diguettes, bassins d’orage et zones humides) sur la zone désignée comme stratégique.

Vallée du Sausseron

Or, d’après la configuration de la vallée, l’implantation de plusieurs ouvrages s’avère laborieuse. En effet, en amont de la digue actuelle (amont de Vallangoujard) le Sausseron conflue avec le ru de Saint Lubin, ce qui rend la construction d’ouvrages à taille modérée impossible : l’efficacité s’en retrouverait amoindrie. De même, en aval de la digue (amont de Labbeville) la vallée est trop large ce qui se caractérise par un cours d’eau loin du bourrelet et donc par une dérivation de celui-ci difficile à reproduire. En revanche, plus en aval (aval de Labbeville et amont de Nesles-la-Vallée) l’instauration de petits ouvrages semble réalisable.

Par conséquent, l’action la plus efficace à moyen terme reste celle du réaménagement de la digue existante. Cela n’exclut pas une analyse plus approfondie d’autres sites susceptibles de convenir.

Effets de l'aménagement

Portée

Elle se limite au fond de la vallée du Sausseron ainsi qu’à la commune de Labbeville, soit un cours de 1,9 km : il s’agit de la portée actuelle de l’ouvrage. Elle ne change que très peu puisque le réaménagement va contribuer à améliorer l’efficacité.


Mise en œuvre

Cette dernière phase est celle de l'élaboration du document de projet, avec tous les calculs nécessaires (dimensionnement, coûts...) et les outils de conduite des travaux (carte de l'aménagement, plan de masse des ouvrages, échéancier ...).

Tous les éléments techniques établis à ce jour sont issus d'un examen général dans le cadre d'interventions d'appui du Cemagref et d'un travail de stage (N. HARAN, 2002). Mais ce ne sont que des hypothèses qui préfigurent le travail pouvant être effectué sur cette digue. Les modifications de l’ouvrage sont sensées répondre aux objectifs “ protection contre les inondations ” (définition d'un débit maximal admissible à Labbeville ou débit de fuite maximal) et “ laminage des crues ” (définition d'un taux de laminage des crues maximal correspondant à chaque période de retour : taux dépendant directement du volume utile). Aujourd’hui, le réaménagement de la digue reste à l’initiative des élus.

Conception, dimensionnement

Les paramètres de dimensionnement utiles pour le réaménagement de la digue sont le débit de projet (ou crue de projet), le débit seuil à partir duquel l’eau sort du bief pour se déverser dans le bassin de stockage, le volume utile de la retenue qui est fixé par la topographie du marais et la crête de la digue (lors des crues, les apports pouvant provenir de la nappe sont négligés) et le débit de fuite maximal (fixé par les cotes du lit originel et par le nombre de buses et leur diamètre). Le positionnement actuel du chemin de 30 ans ne changeant pas, la dimension des lieux fixe 2 des 4 paramètres (le débit de projet et le débit seuil). La modélisation (par CERES) du fonctionnement de la digue à l’aide de crues existantes permet de déterminer le volume utile et le débit de fuite.

Débit de projet : à l’aide du programme de calcul Talweg Fluvia, des données topographiques recueillies sur le terrain (en amont de la digue) et des données issues d’un appareil de mesure du tirant d’eau (installé par le Cemagref), une première relation “ hauteur – débit ” a pu être définie au niveau de l’appareil (situé sur le bief en amont de la digue). Pour retrouver cette relation, une méthode hydrologique d’estimation du débit au chemin de 30 ans a été utilisée (les débits de crues de Nesles-la-Vallée ont été pondéré à la digue, proportionnellement à la puissance 0,8 de la superficie du bassin versant). Finalement, la relation "hauteur mesurée station (m) – débit pondéré BV chemin de 30 ans (m3/s)" suit une loi puissance : H (m) = 0,7511.Q0,4665 (m3/s).

Relation hauteur-débit

 

Et grâce aux données hydrologiques de synthèse (1968 à 2002) de Nesles-la-Vallée, on a pu calculer les débits instantanés maximaux (ou débits de projet) pour des périodes de retour de 2, 5, 10, 20 et 50 ans : utilisation de la méthode de Deltaqix et du Gradex.

Pour déterminer le débit instantané maximal QIXAT pour une période de retour de T ans, il faut utiliser la méthode de Deltaqix et du Gradex :

QIXAT =  QIAX1 + G lnT

où G est le gradex et QIAX1 le débit maximal annuel.

La valeur de QIAX1 et du gradex ont été obtenus grâce aux données hydrologiques de synthèse (1968-2002) de Nesles-la-Vallée parue le 21/04/2002

QIAX1 Nesles-la-Vallée= 1,470 m3/s

et G = 0,454

De plus,

 Report de débit maximal instantané

Avec,

QIAXTchemin30ans : débit instantané maximal pour une période de retour T au chemin de 30 ans,

QIAXTNesles-la-Vallée : débit instantané maximal pour une période de retour T à Nesles-la-Vallée, exprimé dans la même unité que le précédent,

SBVchemin30ans : superficie du bassin versant au chemin de 30 ans,

SBVNesles-la-Vallée : superficie du bassin versant à Nesles-la-Vallée, exprimée dans la même unité que la précédente.

 

Débit seuil : le tirant d’eau pour lequel le bief déborde en dérivation dans le marais est de 0,72 m (différence entre la cote de dérivation à 46,70 m et la cote de fond du bief au niveau de l’appareil de mesure de tirant d’eau du Cemagref à 45,98 m). Ensuite, la relation Yn (Q) [tirant d’eau normal en fonction du débit] a été déterminée à l’aide du programme CANAL9 développé au Cemagref qui permet les calculs d’hydraulique à surface libre en régime permanent et en géométrie paramétrée.

Relation "tirant d’eau normal - débit" (calculé par le logiciel du Cemagref CANAL9)

Ainsi, la cote maximale de l’eau dans le marais étant de 46,90 m (cote limitée par la cote de surverse de la digue), le tirant d’eau est donc de 1,10 m par rapport à la cote du fond du bief (fixée à 45,80 m), ce qui fait un tirant d’eau au plus fort de 0,38 m (1,10 m - 0,72 m). Alors la relation Yn (Q) nous donne un Qseuil Max de 1,3 m3/s.

Relation "tirant d’eau normal - débit" (calculé par le logiciel du Cemagref CANAL9), deuxième vue

Volume utile : la modélisation de la retenue (marais) sur le logiciel Surfer, d’après le levé topographique du chemin de 30 ans et de ses environs, a permis de déterminer le volume d’eau pouvant être stocké en fonction de la cote de sa surface (soit un volume maximal de 7000 m3 en l'état actuel de la digue).

Relation "cote de l’eau - volume d’eau stocké dans le marais"

Remarque : dans ce cas particulier la cote de l’eau stockée peut être supérieure à la cote de surverse car le déversement se fait sur une certaine hauteur et ne prend pas toute la longueur de la digue.

Débit de fuite : son calcul fait appel aux logiciels Surfer et CERES. Le premier utilise les données topographiques pour éditer la relation : “ cote du terrain naturel du marais (m) – surface de l’eau retenue (ha) ”. Cette relation est utilisée à son tour dans le logiciel CERES pour calculer Qfuite. CERES est un programme de simulation en régime transitoire d’une retenue d’eau. Il calcule, en fonction du temps, l’évolution de la cote de l’eau dans une retenue et celle du débit sortant pour un ou plusieurs hydrogrammes entrants (entrer l’hydrogramme revient à saisir la relation “ temps (h) – débit dérivé (m3/s) ”).

L'hydrogramme s'édite à l'aide de la relation date-débit dérivé calculée précédemment pour les crues des 03/12/2000, 14/02/2002 et 26/11/2000.

Le nombre d'évacuateurs de la digue s'élève à 3 : 2 buses et 1 déversoir (eau déversée par dessus la digue). La formule du débit Qbuse s'exprime par :

Débit buse

 où :

S = section de la buse en m² (ici la superficie d'un cercle de diamètre Øbuses = 260 mm, mesuré lors du levé topographique),

µ = coefficient de débit sans unité, établi empiriquement, de l'ordre de 0,2 à 0,6,

H = charge ou hauteur d'eau en m.

Si la cote de l'eau est inférieure à la cote d'ouverture, le débit est nul.

Afin de représenter au mieux la réalité, on prendra par défaut, et ceci pour chacune des buses, µ (coefficient de débit) = 0,40,S = 0,0531 m², les buses sont à la cote 45,8 m et 45,9 m, la cote d'ouverture (ou cote de fond de marais) est fixé, pour simplifier, à la cote de la buse correspondante, soit 45,80 m.

La formule du débit QDeversoir en m3/s s'exprime sous la forme :

Débit déversoir

où :

L = largeur du déversoir en m,

µ = coefficient de débit sans unité, établi empiriquement, de l'ordre de 0,2 à 0,6,

H = charge ou hauteur d'eau en m.

On prendra µ = 0,30, L = 10 m, la cote du déversoir (cote de surverse de la digue) vaut d'après le relevé topographique 46,90 m.

Enfin, les paramètres de simulation à saisir sont : la cote initiale du plan d'eau = 45,8 m (cote de la buse la plus basse), le pas de temps entre chaque calcul : 0,02 h et le nombre d'heures de simulation variant en fonction de la crue.

Ainsi, on suppose alors que l'eau dérivée du bief dans le marais (Qdérivé) s'écoule par une section parabolique : prendre une section carrée ou rectangulaire aurait simplifié le calcul mais n’aurait pas représenté au mieux la réalité. Les paramètres choisis pour cette section parabolique sont : la largeur (L = 20 m), la hauteur (h = 0,3 m : différence entre la cote maximale de l’eau dans le marais à 47,00 m et la cote de fond du marais à la dérivation à 46,70 m), l’exposant (exp = 0,5 : une section ayant un exp = 0,2 tend vers le carré et un exp = 0,7 tend vers le triangle), le coefficient de Manning-Strickler (K = 10 m1/3/s : présence de végétation) et la pente (i = 0,003 soit 0,3%).

Pour retrouver l'équation de la courbe Yn(Q), nous nous sommes appuyés sur les formules fournies par les abaques de calcul d'hydraulique à surface libre en régime permanent (CTGREF : Centre Technique du Génie Rural des Eaux et des Forêts).

1ère relation : la coupe transversale de la section parabolique est de forme suivante :

Paramètres d’un profil parabolique

l et y sont des variables telles que 0 <= y <= h et 0<= l< = L : L=largeur au plafond et y=tirant d'eau.

Dans notre cas, L = 20 m et h = 0,3 m ; l'équation de la parabole s'écrit :

Equation parabole 

Soit L* une largeur de référence caractéristique de la section géométrique permettant de simplifier les formules :

L*

Où, dans le cas d'une parabole vraie, k=0,5 ; ce qui donne :

L* avec k=5   ⇔     L* avec k = 0.5 (II)

3ème relation : soit D un coefficient reflétant les caractéristiques de l'écoulement et de la géométrie.

Coefficient D

où Q : débit

K : coefficient de Manning-Strickler

i : pente

L* : largeur de référence

c vaut 1 dans les cas autres que les canaux trapézoïdaux et triangulaires

4ème relation : enfin, soit un la hauteur normale (variable réduite) et yn le tirant d'eau normal :

u hauteur normale

En régime uniforme, la formule limite pour le calcul de la hauteur normale donne une erreur inférieure à 1% (un < 10-2), et on a :

u hauteur normale régime uniforme

avec k = 0,5 :

u hauteur normale régime uniforme k=0,5u hauteur normale régime uniforme k=0,5 détail

Dans notre cas :

L = 20 m

h = 0,3 m

K = 10 m1/3/s

i = 0,0033 (0,33%)

Soit après simplification :

Débit après simplification

où Q est le débit (m3/s) et y le tirant d'eau (m).

Cette équation finale permet de remplir la colonne intitulée "débit dérivé" :

Débit dérivé

où Heau = 0,7511.QT0,4665 (QT étant le débit de Nesles-la-Vallée pondéré au chemin de 30 ans en m3/s) et Heau dérivée=tirant d'eau de dérivation=tirant d'eau à partir duquel l'eau du bief commence à dériver dans le marais.

Il est alors possible de déterminer le volume écoulé en dérivation (la méthode utilisée pour déterminer le volume d'eau qui dérive du bief pendant la crue est le calcul de la somme des termes [0,5x(Qdérivé(t)+Qdérivé(t'))x(t-t')], Qdérivé (m3/s), t(s), t et t' étant consécutifs, la sommation se faisant entre les deux passages de la hauteur d'eau 0,72 m.

Modélisation par CERES du fonctionnement de la digue : une première simulation est réalisée avec les paramètres en l’état. Ensuite, afin d’optimiser son fonctionnement, une étude de la sensibilité du modèle est effectuée ; les paramètres changeant sont le volume utile (augmentation de la hauteur de la digue de 10 cm) et le débit de fuite (passage de 2 buses à 3 ou 4).

Sans modification de l’ouvrage, la digue est efficace seulement pour les crues de période de retour de 5 ans. Essayer d’améliorer son efficacité en la réhaussant de 10 cm ou en augmentant le nombre de buses soit ne modifie pas le comportement de la crue soit provoque l’effet désiré inverse (accentue les crues). Si on augmente le nombre de buses (4 au lieu de 2) ou si on rehausse la digue de 10 cm, l’efficacité de la digue s’en trouve améliorée et elle contribue à un meilleur ralentissement des crues de période de retour entre 5 et 10 ans. Par contre, pour des crues exceptionnelles de très forte intensité (crues du 03/12/2000 et du 06/01/2001), la digue est transparente. Essayer de contribuer au ralentissement de ces crues de période entre 20 et 50 ans avec ce genre de digue, même en étant réaménagée, semble être très difficile voire impossible.


Suivi et évaluation

Le suivi a été effectué en partie par le Cemagref mais il serait pertinent de le développer chez l’ensemble des partenaires. Différents niveaux d’évaluation seraient alors nécessaires :

- Le suivi scientifique à proprement dit vise à collecter des informations sur le fonctionnement individuel des ouvrages d'une part, et le fonctionnement global de l'aménagement d'autre part. Ce suivi doit permettre d'affiner les connaissances scientifiques (hydro(géo)logie du bassin, hydraulique des ouvrages ...) de manière à tirer des conclusions reproductibles dans d'autres circonstances.

Remarques :

(1) le contexte particulier du chemin de 30 ans (topographie et taille de l’ouvrage) rendent difficile sa reproduction ;

(2) aucune donnée antérieure à l'ouvrage à proximité ne permet d'évaluer des modifications qu'il aurait induites.

- La “ robustesse ” de l’ouvrage doit être suivie pour s'assurer qu'il fonctionne bien et qu’il n'apporte pas de nuisances directes en aval. Par ailleurs, un entretien régulier est indispensable. Par exemple, au niveau de la digue elle-même :

• un fauchage régulier des parements permettrait la réalisation d’une inspection visuelle des remblais et l’enlèvement de tout arbre ou arbuste s’y étant implanté permettrait de garantir la pérennité et l’accessibilité de l’ouvrage (entretien, réparation) ;

• le retrait de tout objet flottant (branchage ou déchet) assurerait l’évacuation des eaux au niveau des buses et des déversoirs ;

• le curage périodique (en fonction de l’envasement de la retenue et dans le respet du milieu naturel du marais) serait indispensable ;

• la surveillance des débits des collecteurs et de l’apparition éventuelle d’un écoulement parasite à l’aval serait recommandé ;

• enfin, au niveau de la sécurité, la pose d’une rambarde sur la passerelle permettrait de protéger le public contre les chutes à l'eau.

- Les adéquation et efficacité des ouvrages doivent être les conclusions tirées des précédentes étapes de suivi et d’évaluation. Conclusions qui nous permettent de nous interroger a posteriori sur le choix des types d'ouvrages, sur leur dimensionnement, et sur la pertinence globale de l'aménagement. Les informations recueillies doivent pouvoir circuler pour que les expériences profitent aux prochaines réalisations.

Cemagref - HBAN, L'auteur du document. Cite/attribute Resource. omer. (2010, April 21). Inondations en lit majeur dans la vallée du Sausseron (affluent de l\'Oise, Val d\'Oise - 95) . Retrieved September 22, 2014, from OMER - Ouvrages de Maîtrise des Ecoulements en Milieu Rural Web site: https://omer.cemagref.fr/exemples/inondations-en-lit-majeur-dans-la-vallee-du-sausseron-affluent-de-l-oise-val-d-oise-95/presentation-de-lamenagement. All Rights Reserved.
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Sélection de pages

Fossé à redents, vue depuis l’aval

Exemple d'aménagement de lutte contre les inondations par ruissellement (Commune de Prunay-sur-Essonne).

Zone tampon rivulaire : bande enherbée de largeur fixe

"Des zones tampons en vue de limiter la contamination des eaux par les pesticides" (Accessible dans la rubrique "Méthodes et informations techniques générales > Etape 1 : identification des éléments du contexte > Les solutions possibles)

(Photo Cemagref - J.J. Gril)

 

Schéma du fonctionnement hydraulique du chemin de 30 ans

Exemple d'aménagement retenant les crues dans le lit majeur du Sausseron (Val d'Oise).

Formulaires

 

Estimation sommaire de volumes contenus par débordement en amont d'un obstacle dans un cours d'eau.

Schéma de prairie filtrante

Estimation du débit de fuite d'un réseau de drainage sous une prairie filtrante inondée.

 

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